(CC) FlickrLes Hongrois n'ont pas de hautes montagnes, mais ils ont des collines ; ils n'ont pas la mer ni l'océan, mais le lac Balaton et le beau Danube bleu (ou brunâtre, ou grisâtre) à côté duquel la Seine ferait presque figure de ruisselet. Du coup, la boucle du Danube (Duna, en hongrois), au Nord de Budapest, est un lieu dont les Magyars ne sont pas peu fiers. Il y a de quoi. En été, c'est beau, ça scintille, ça verdoie. Ca fleure bon le fleuve et les fleurs et ça possède la quiétude de l'arrière-pays hongrois. Bref, arriver par bateau à Visegrád un matin d'été a un petit goût de paradis pour le backpacker fatigué de la ville -surtout avec quelques Túró Rudi en poche.

Visegrád, avec ses châteaux, est une petite merveille. A y regarder de plus près, on se rendra compte qu'un côté de la Tour Salomon, ruine annexe du château médiéval, a été assez sommairement retapé. Un sympathique furoncle architectural datant de l'époque des Soviétiques, pourtant grands esthètes sur les bords de la Neva. Pour Visegrád, peut mieux faire. Heureusement, cela ne gâche rien à la vue splendide que l'on embrasse de là-haut, et la vénérable forteresse (760 ans tout de même) a, elle, échappé à la défiguration. Majestueusement campée au sommet d'une colline, elle surplombe le fleuve et le palais royal, plus roccoco (ambiance assez Renaissance, arcades, cour intérieure, gazouillement d'une fontaine ouvragée, terrasses chauffées par le soleil donnant sur le fleuve... avant l'invasion ottomane, on savait prendre du bon temps), posé un peu plus bas. Qui dit somptueux châteaux sur le fleuve dit touristes. Beaucoup de touristes, et même des tournois de chevalerie. En conséquence, il devient intéressant de revenir en hiver, et de braver le terrible froid hongrois pour aller crapahuter sur les hauteurs plus tranquillement qu'en juillet-aôut.
(CC) Flickr
Vagabonder dans ces collines tient plus de la promenade que de la rando. En hiver, c'est assez étrange de passer sur les crêtes au dessus des petits villages de Kismaros et Nagymaros (relié à Visegrád par un bac). Le lieu, pourtant à trois quarts d'heure à peine du coeur de Pest la vrombissante, est étrangement calme. De nombreux citadins y possèdent un cottage. Marcher dans les bois gelés et silencieux, apercevoir le château de Visegrád émerger des nuages sur l'autre rive, boire du vin chaud dans une cabane au milieu de la forêt: sur la boucle du Danube, on échappe un peu au temps qui passe.
Enfin, un peu de musique du cru, qui correspond assez bien à l'atmosphère fabuleuse des rives de la Duna. Sebestyén Márta :








